Newsletter 4 – Juin 2014

Rédaction: Chafia Daoui , Nourredine Ait-Rahmoune

Edito

Nouvelle stratégie EORTC

Construisant sur ses forces et capacités, l’EORTC renforce sa position d’infrastructure européenne de recherche translationelle et clinique au sein de nouveaux partenariats.  Ainsi, optimisant les approches multidisciplinaires, des initiatives innovantes et  transversales aux groupes de tumeurs voient le jour avec de nouvelles formes de collaboration dans un souci non seulement d’économie d’échelle mais aussi de renforcement des programmes d’assurance qualité. Certains projets phares sont donc en développement avancés.

Construisant sur des modèles transversaux existants tels que l’oncologie gériatrique ou le programme assurance qualité en radiothérapie, EORTC « headquarters » assurent la coordination de ces nouveaux modèles de coopération.

Le programme le plus avancé est certainement SPECTA « Screening Patients for Efficent Clinical Trial Access » qui veut mutualiser les efforts de tous les partenaires impliqués autour de nouveaux programmes de sélection des patients pour faciliter l’inclusion dans des essais spécifiques de ciblage moléculaire. Composé de 5 plateformes s’adressant aux cancers colorectaux, de la prostate, aux tumeurs thoraciques, neurologiques et au mélanome, SPECTAcolor, SPECTApros, SPECTlung, SPECTAbrain et SPECTAmel sont bâtis sur des programmes d’assurance de qualité dans le but d’assurer les étapes de qualification, validation et documentation de l’utilité clinique des biomarqueurs selon les standards règlementaires. SPECTAforum rassemble tous les acteurs nécessaires avec notamment une participation active de l’EMA autour des industriels, des compagnies développant de nouvelles technologies, le SANGER Institute pour séquençage à haut débit systématique et les groupes de patients. SPECTAcolor, la première plateforme, a rapidement recruté 200 patients après seulement quelques mois d’ouverture. L’EORTC se félicite également du rôle joué par la France avec une coordination active des plateformes thoracique et mélanome à l’Institut Gustave Roussy.

De même, l’infrastructure unique d’assurance qualité en radiothérapie, a été renforcée par le programme STAR, Synergy between Targeted Agents and Radiotherapy qui assure une base solide de développement de nouveaux agents en combinaison avec la radiothérapie.

Le succès de l’essai CREATE, essai s’adressant à différents types de tumeurs avec le même agent, a donné naissance à de nouvelles initiatives intergroupes telles que celle dédiée aux métastases cérébrales sous forme d’un groupe de travail formé par les groupes radiothérapie, neuro-oncologie, imagerie mais aussi groupes d’organes tels que sein, poumon et mélanome.

Le premier sommet Européen sur les défis affrontés par les survivants du cancer, organisé par l’EORTC en Janvier 2014 ouvre de multiples nouvelles opportunités de partenariat et de recherche sur les complications à long terme mais aussi sur les conséquences sociales, psychologiques et financières.

L’ensemble de ces nouveaux projets renforce le rôle de l’EORTC et de ses groupes en optimisant la coopération internationale permettant à l’EORTC de poursuivre  sa mission en s’adaptant aux défis et à la complexité du paysage de la recherche clinique. Une panoplie de nouveaux partenariats avec des sociétés telles que European Society of Pathology, European Association for Nuclear Medicine mais aussi des partenariats avec des acteurs réglementaires ou de (bio) informatique permettent d’asseoir le rôle international de l’infrastructure de recherche clinique de l’EORTC.
Suite à la réévaluation de sa stratégie scientifique, l’EORTC met en place de nouvelles formes de recherche clinique nécessaires pour relever les nouveaux défis. Aujourd’hui, la société voie la nécessité  d’évaluer les effets des traitements à long terme, d’évaluer leur valeur réelle en pratique quotidienne, et aborde de plus en plus souvent les questions relatives à la qualité de vie à long terme et aux opportunités offertes aux survivants leur assurant accès à l’emploi, la propriété, vie de famille et enfants. L’EORTC, après avoir été l’un des pionniers de la recherche sur la qualité de vie en Europe, a décidé de contribuer à cet important domaine de recherche.
Certes, nombre de questions ne seront pas nécessairement abordées par des essais cliniques prospectifs, de nouvelles approches pour fusionner les ensembles de données pouvant émaner des registres, de cas de routine et des essais cliniques sont maintenant discutées. L’EORTC possède une expertise et une capacité méthodologique pour assurer la fusion de grands ensembles de données ainsi que de mener à long  et  très long terme le suivi des patients dans les essais cliniques. L’EORTC a déjà mené avec succès des initiatives de ce type dans le cancer du sein, les lymphomes et la leucémie de l’enfant, et il a acquis une approche structurée qui peut être appliquée à une nouvelle série d’activités. Plus récemment, l’EORTC a organisé en Janvier 2014 le premier Sommet Européen entièrement consacré aux questions pertinentes pour les survivants du cancer. Ce sommet multidisciplinaire a réussi à aider à structurer une stratégie de recherche qui s’articule autour de trois thèmes :

  • conséquences physiques / médicales (par exemple, douleur, fatigue, problèmes de mémoire, lymphoedème, l’infertilité, les troubles sexuels, les amputations, tumeurs  secondaires, les complications cardiovasculaires, pulmonaires, insuffisance rénale, neuro / troubles musculaires, etc.)
  • conséquences psychologiques (par exemple, la dépression, l’anxiété, l’incertitude, l’isolement, l’image corporelle modifiée)
  • aspects socio – économiques (par exemple, des changements dans les relations interpersonnelles, les préoccupations en matière de santé ou d’assurances, retour à l’emploi, retour à l’école, les conséquences financières)

En raison du succès de ce premier évènement, le 2ème Sommet Européen entièrement dédié aux défis et solutions des survivants est déjà fixé au 31 mars – 01 Avril 2016 à Bruxelles.
Les premiers résultats des projets de recherche exploitant les bases de données de l’EORTC dans le cadre de cette nouvelle stratégie viendront compléter les initiatives déjà en place dans certains groupes et seront publiés vers  fin 2014. L’un de ces projets se penche sur les complications cardio-vasculaires et neurologiques à long terme dans le cadre des lymphomes de Hodgkin. D’autres projets sur le suivi à long terme des cancers du sein ou encore la mise en place de questionnaires spécifiques de qualité de vie destinés aux anciens malades guéris sont autant de projets structurant de ce nouvel axe stratégique.

Essais autorisés en 2014

Durant le premier trimestre 2014, trois nouvelles études ont été autorisées en France, les ouvertures de centres en France sont en cours. Ces trois études sont listées ci-dessous :

Tumeurs endocriniennes, essai 1209

Cette étude du groupe « tumeurs endocrines » s’intitule : Une étude de phase II évaluant la sécurité et l’efficacité du nintedanib (BIBF1120) en traitement de seconde ligne chez des patients atteints de cancer de la thyroïde différencié ou médullaire évolutif après une première ou deuxième ligne de traitement,  vise à d’évaluer l’efficacité du nintedanib comme traitement de seconde ou troisième ligne chez des patients atteints de cancer de la thyroïde différencié ou médullaire évolutif après une première ou deuxième ligne de traitement.

Cette recherche est coordonnée en France par le Pr. Martin SCHLUMBERGER (GUSTAVE ROUSSY, Cancer Campus, Grand Paris). Les démarches réglementaires en France sont finalisées, l’étude est approuvée par le Comité de Protection des Personnes (CPP) et L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM).

Il est prévu de recruter un total de 150 patients.

Étude 1219, un nouvel essai dans les cancers tête et cou

Titre de la recherche : Étude multicentrique randomisée en aveugle de la chimio-radiothérapie fractionnée accélérée avec ou sans  le radiosensibilisant des cellules hypoxiques nimorazole (Nimoral), utilisant une signature de 15 gènes associée à l’hypoxie dans le traitement du carcinome épidermoïde HPV/p16 négatif de la tête et du cou

Il s’agit d’une étude de phase III multicentrique randomisée en aveugle chez des patients atteints de carcinome épidermoïde de la tête et du cou. Cette étude a deux objectifs principaux, le premier est d’évaluer, si le nimorazole radiosensibilisant des cellules hypoxiques peut améliorer l’effet de la chimio-radiothérapie chez les patients souffrant de carcinome épidermoïde HPV/p16 négatif de la tête et du cou localement avancé. Le second objectif est de déterminer s’il est possible, en utilisant le profil d’expression des gènes hypoxiques, d’identifier les patients ou type de tumeurs susceptibles d’avoir une meilleure réponse au traitement.
Il est prévu de recruter 640 patients, soit 320 dans chaque groupe de traitement.
L’investigateur coordinateur de cette étude en France est le Professeur Philippe MAINGON, du Centre Georges-François Leclerc à Dijon.
Les autorisations réglementaires (CPP et ANSM) ont été obtenues.

Groupe Gynécologie & Groupe Sarcomes des Tissus Mous et des Os, lancement de l’essai 55116

Titre de la recherche : Chlorhydrate de gemcitabine et Docetaxel suivi de chlorhydrate de doxorubicine ou Observation dans le traitement de patientes atteintes d’un leiomyosarcome utérin à haut risque préalablement réséqué

Cet essai de phase III randomisé vise à déterminer l’efficacité de gemcitabine combiné au docetaxel suivi de doxorubicine en  comparaison avec une simple observation dans le traitement de patientes atteintes de leiomyosarcome utérin à haut risque préalablement réséqué.
Le coordinateur national de cette étude est le Dr. Anne FLOQUET (Institut Bergonié-Bordeaux).
Cette étude a été autorisée en France, au total 216 patients seront inclus.

Essais à venir

Il est prévu l’ouverture de nombreuses nouvelles études sur le territoire français en 2014, cinq d’entre-elles sont en cours de soumission réglementaire et devraient être autorisées au cours du 2ème trimestre 2014, il s’agit des essais suivant :

1202 : Étude randomisée de phase II évaluant l’utilisation du  cabazitaxel ou une perfusion prolongée par ifosfamide dans le traitement des liposarcomes dédifférenciés métastatiques ou localement avancés inopérables

L’objectif principal est de déterminer si le cabazitaxel ou l’ifosfamide en perfusion prolongée démontrent une activité anti-tumorale suffisante (mesurée par la survie sans progression à 12 semaines) chez les patients atteints d’un liposarcome dédifférencié métastatique ou localement avancé inopérable pour justifier une étude approfondie de l’efficacité de ces options thérapeutiques dans une étude de phase III.

1206 : Étude randomisée de phase II évaluant l’efficacité et l’innocuité de la chimiothérapie  par rapport au traitement par suppression androgénique chez les patients présentant un cancer des glandes salivaires exprimant le récepteur aux androgènes, récidivant et/ou métastatique

Il s’agit d’une étude de phase II multicentrique randomisée visant à évaluer l’efficacité et la tolérance de la chimiothérapie (CT) par rapport au traitement par suppression androgénique (TSA) chez les patients présentant un cancer des glandes salivaires (CGS) exprimant le récepteur aux androgènes (RA), récidivant et/ou métastatique.
L’étude inclut deux cohortes de patients : la cohorte A, qui est composée de patients naïfs de toute
chimiothérapie, et la cohorte B, qui est composée de patients ayant déjà reçu un traitement.
Les deux principaux objectifs de l’étude sont :

  • Évaluer l’efficacité du TSA chez les patients naïfs de tout traitement qui présentent un CGS exprimant le récepteur aux androgènes (RA) récidivant et/ou métastatique. Le critère primaire d’évaluation de l’efficacité est la survie sans progression (SSP).
  • Décrire l’effet du TSA chez les patients ayant déjà reçu un traitement qui présentent un CGS exprimant le RA récidivant et/ou métastatique. Le principal critère d’évaluation de l’efficacité est la réponse au traitement.

Au total 76 patients seront inclus dans cet essai clinique.

1208 : Minitub – Registre prospectif de patients souffrant de mélanome avec atteinte tumorale minime du ganglion sentinelle (GS), qui subissent un curage ganglionnaire total ou sont sous surveillance ganglionnaire

Il s’agit d’un registre prospectif de tous les patients souffrant de mélanome avec atteinte tumorale minime du GS qui consultent dans les centres participants. Son objectif est d’évaluer si une prise en charge de ces patients par seule surveillance ganglionnaire périodique donne le même résultat qu’un curage ganglionnaire immédiat.

1312 : Étude de phase II randomisée évaluant différents schémas à base de nab-paclitaxel en cas de cancer du sein métastatique

Il s’agit d’un essai clinique de phase II randomisé dont l’objectif principal est d’évaluer l’efficacité de trois schémas différents d’administration du nab-paclitaxel, mesurée par la survie sans progression (PFS), en utilisant la valeur de référence de la PFS obtenue avec le docétaxel utilisé en traitement de première ligne du cancer du sein métastatique. Il est prévu d’inclure 240 patientes au total dans cette étude.

Cancer du Sein – FOCUS sur l’étude 90091-Treat CTC

Titre d la recherche : Le trastuzumab comme traitement adjuvant des Cellules Tumorales Circulantes (CTC) dans les cancers du sein précoces HER2-négatifs (Essai “Treat CTC)

Il s’agit d’un essai randomisé de phase II s’adressant à des patientes atteintes d’un cancer du sein primitif HER2-négatif et un test sanguin des CTC (Test CTC) positif.

Ces patientes seront randomisées pour recevoir soit 6 cycles de trastuzumab soit un suivi sans traitement.

L’objectif principal de cette étude coordonnée par le Pr. Jean Yves PIERGA (Institut Curie) est d’évaluer si le trastuzumab diminue le taux de cellules tumorales circulantes chez des patientes traitées pour un cancer du sein HER2-négatif, en comparant les patientes traitées par trastuzumab et les patientes sans trastuzumab (contrôle).

La détection des CTC doit être réalisée chez 2175 patientes. La phase de sélection se termine dès randomisation de 174 patientes évaluables.

L’étude est autorisée par l’ANSM et le CPP, les ouvertures de centre sont en cours.

Informations importantes

Groupe tumeurs cérébrales : Étude 26101

Titre de la recherche : Essai de phase III sur l’association bevacizumab-lomustine chez des patients présentant une première récidive de glioblastome

Il s’agit d’une phase II dont les inclusions se sont achevées récemment, les inclusions vont continuer dans les bras 1 et 4 pour pouvoir comparer le bras bevacizumab-lomustine par rapport au bras lomustine seul, en utilisant un design de phase III. Les bras 2 et 3 sont fermés aux inclusions.

Groupe leucémie de l’enfant : Étude 58081

Titre de la recherche : Recherche translationnelle – étude observationnelle pour l’identification de nouveaux facteurs pronostiques et de nouvelles cibles thérapeutiques pour les leucémies lymphoblastiques aiguës (LLA) de l’enfant

Il est désormais possible d’inclure des patients ayant déjà débuté le traitement à condition que le traitement ait débuté après l’approbation initiale de l’essai (06/12/2010).

Tableau inclusions en France (au 18/04/2014)

EORTC Brain Tumor Group
EORTC Breast Cancer Group
EORTC Children’s Leukemia Group
EORTC Cancer in Elderly Task Force
EORTC Endocrine Task Force
EORTC Gastrointestinal Tract Cancer Group
EORTC Gynecological Cancer Group
EORTC Head & Neck Group
EORTC Infectious Diseases Group
EORTC Leukemia Group
EORTC Lung Cancer Group
EORTC Lymphoma Group
EORTC Melanoma Group
EORTC Radiation Oncology Group
EORTC Soft Tissue and Bone Sarcoma Group
EORTC Multi-tumeurs

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